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Pilote de Concorde, la vie à Mach 2 de Jacky Ramon


Il y a des avions qui ont marqué l'histoire de l'aéronautique. Concorde, indéniablement, en fait parti. Mais derrière la machine se cachent des hommes passionnés et dévoués. Nous vous proposons ici une rencontre avec Jacky Ramon, le dernier pilote laché sur Concorde.

Jacky Ramon, vous êtiez pilote chez Air France, en particulier sur le supersonique Concorde. Pouvez-vous revenir brièvement sur votre parcours ?

"J'ai toujours été passionné par ce qui touche à l'aéronautique. J'ai pu commencer à faire de l'aviation légère en Aéroclub à Lille. Après diverses péripéties, je suis rentré à Air France comme co-pilote. J'ai commencé en 1972 sur Caravelle. J'ai fait ça pendant 8 ans. Ensuite, je suis passé co-pilote sur 747. Après 15 ans d'attente, je suis revenu sur un avion plus petit en temps que Commandant de bord, à savoir un Boeing 737. Puis je suis revenu sur 747 comme Commandant de bord. Cela représente 22 ans de métier, l'essentiel de ma carrière."

Comment êtes-vous arrivé sur Concorde et quel a été votre état d'esprit en apprenant cette nomination ?

"Un beau jour, on m'a proposé de passer comme Commandant de bord sur Concorde. J'ai d'abord hésité un peu car c'était un engagement qui me portait sur 5 ans, dernières 5 années de carrière et cet avion ne désservait qu'une seule ligne : Paris-New-York. Sur 747, on avait 80 escales différentes. Je craignais que ce serait un peu trop protocolaire. Concorde, c'était tout de même un rêve de gosse donc j'y suis allé !"

En comparaison à un Boeing 737 ou un 747, quelles étaient les particularités majeures du Supersonique Français ?

"C'était un avion difficile, compliqué. On parle toujours de checks-lists en aviation. Sur Concorde, il fallait multiplier par 4 le volume de procédures à effectuer en comparaison à un avion de ligne "classique". Il était très exigeant !

Une petite anecdote sur cet avion, à Mach 2 (2 fois la vitesse du son), le frottement de l'air sur l'avion faisait des échauffements de l'ordre de 120 degrés sur l'avant du nez malgré les -60 degrés de température extérieure. Une autre petite chose étonnante, la vitesse économique de Concorde étant de 2400Km/h, Concorde consommait finalement le plus en phase de descente et d'approche qu'en vol de croisière à Mach 2. Sinon, quelques rares choses simples sur cet avion : il n'y avait pas de volets, pas d'aérofreins. Hormis ça tout était compliqué !

A Air France, on le surnommait "le Pointu", bien sûr par sa forme mais aussi son pilotage ! Il fallait être au maximum tout le temps ! Le 747, c'était un camion, Concorde c'était une formule 1.

Le simple petit entretien courant demandait aussi 5 fois plus de temps que sur un avion classique. Ca impliquait une perfection et ce n'était pas un avion de débutant."

Que retenez-vous de cette aventure humaine et technique ? 

"Cet avion était différent dans sa conception et dans sa façon de le piloter. Les méthodes de travail étaient également différentes. Nous proposions une qualité de service telle qu’il ne serait plus possible de le faire aujourd’hui. Le personnel à bord était très motivé et très rigoureux quant au respect des horaires."

Avez-vous quelques anecdotes lors de vols sur Concorde ?

"On avait un public d'habitués, indéniablement. Beaucoup de très hauts fonctionnaires, des gens du show-biz, des milliardaires. Une petite anecdote : Mstislav Rostropovitch (violoncelliste connu) achetait généralement 2 sièges : un pour lui et l'autre pour son instrument ! Une fois, un Emir s'était privatisé un Concorde en achetant toutes les places disponibles à bord. Quel extravagance ! Rien n'était normal sur Concorde !"

A très bientôt sur votre blog aéronautique préféré !